L'automobile sportive est-elle en train de mourir ?

L’automobile sportive est morte

L’automobile sportive est morte, paix à son âme. Adieu les grosses cylindrées qui rugissent, les litres de carburant et d’huile engloutis. Tout ça, c’est fini, l’automobile sportive est morte.
Enfin… peut-être pas tant que ça à vrai dire, n’en déplaise à de nombreux passionnés. Mais avant de vous dire pourquoi je considère que les sportives ne sont pas mortes, donner une définition de ce qu’est une auto sportive me semble être une bonne idée. Histoire de poser les bases. Basique, simple. OK, ok, on arrête avec les paroles de chansons.

Une automobile sportive c’est quoi alors ?

Si je me base sur Wikipédia, une automobile sportive est puissante, tout en ayant un châssis et un freinage performant. C’est plutôt vague, et ce n’est guère mieux sur d’autres sites web.
Difficile donc de cerner ce qu’est une sportive à la lecture de ces définitions aux notions assez relatives des expériences automobiles de chacun. D’autant plus que, si vous posez la question à des personnes non passionnées par l’automobile, la moindre voiture au-delà des 120 chevaux est vue comme puissante. Pire encore avec la presse locale qui, au moindre accident impliquant une allemande, parle systématiquement de voitures puissantes. Y compris lorsque l’accident en question implique une BMW 114d de 95 ch ou une Audi de puissance similaire. Pourtant, l’ensemble des constructeurs sur le marché français proposent des voitures de ce niveau de puissance, en diesel comme en essence.

Le magazine homonyme ne donne d’ailleurs pas de définition précise au terme d’automobile sportive, préférant définir des catégories de sportives : youngtimers, anciennes, petit prix, etc.

Voici donc, pour moi, ce qu’est une automobile sportive : c’est une voiture dont la première qualité, peu importe la motorisation, sera de refiler la banane et du plaisir à son conducteur. Ensuite, effectivement, les facteurs techniques entrent en compte : la puissance (compte tenu du poids et de l’époque), la sonorité, le châssis, le freinage plus performant que sur un modèle de base ou encore le poids contenu. Ainsi que l’aura que cette auto peut dégager, que ce soit dû à un palmarès en compétition ou parce qu’elle reflète une époque et un état d’esprit. C’est, pour ma part, des éléments indissociables d’une automobile sportive. Si vous avez une autre définition, ou que vous avez envie de la compléter, je vous laisse faire en commentaire.

L’automobile sportive thermique est sur le déclin

Si l’on part de cette définition de l’automobile sportive, en effet, elle est en train de mourir. Les taxes en tout genre (comme le malus 2020), mais aussi les normes toujours plus sévères en matière de pollution entraînent forcément un déclin. On le savait depuis un moment que cela finirait par arriver. Ces normes et taxes expliquent d’ailleurs l’absence, ou le non-renouvellement, de sportives purement thermiques chez la plupart des constructeurs généralistes. Ils ne peuvent pas tellement se payer le luxe de produire une sportive arborant un moteur puissant (et considéré comme plus polluant) qui ne se vendra qu’en faible quantité au vu du prix et des taxes appliquées (pauvre GT86…). Ou alors il faut en passer par des partenariats, à l’instar de Toyota et BMW pour produire la nouvelle Supra et le nouveau Z4. Mais cela ne durera qu’un temps. Alors est-ce que ça signifie réellement la fin de l’automobile sportive ?

Sportives hybrides et électriques ?

Oui, l’automobile sportive purement thermique est morte, ou presque. Mais le règne des sportives hybrides ou tout électriques ne fait que commencer. Les divers moteurs électriques apportent des puissances énormes en un instant, là où un moteur turbo mettrait un certain temps à apporter la même réponse. Cela ouvre des possibilités assez folles en matière de sportivité. Les hybrides continuent d’évoluer. Et je ne doute pas que l’on puisse associer le meilleur des deux mondes, électrique et thermique, pour obtenir des sportives dignes de ce nom. Les constructeurs de supercars n’y vont d’ailleurs pas de main morte sur le sujet.
Bref, une automobile sportive hybride ou full électrique n’empêche en rien d’aller arsouiller, ou de se faire plaisir à son volant.
Ce n’est pas sans contraintes, surtout dans le cas d’une voiture totalement électrique : poids des batteries, temps de recharge ou encore l’autonomie pas forcément folle au regard d’une voiture roulant avec un carburant quelconque. Je ne serais pas étonné que ces problématiques évoluent rapidement, surtout avec la fin annoncée des thermiques neuves pour 2040.

Ce titre était plutôt putaclic. Parce qu’en soi, l’automobile sportive n’est pas morte.
Elle évolue simplement pour correspondre aux moeurs actuelles. L’automobile, de manière globale, a évolué tout au long du siècle précédent, de gré ou de force, pour suivre les changements dans la société.
Tant qu’il nous restera un cerceau entre les mains et 4 roues, avec la possibilité de conduire nous-mêmes au lieu de laisser faire une intelligence artificielle, il existera des automobiles sportives.
En revanche, si vous voulez profiter des V8 et autres belles cylindrées, il va falloir s’y mettre rapidement. Ou devenir collectionneur plus tard. Et il va falloir faire avec.

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